Les lettres rugueuses Montessori

 

 

Ce matin Jack a découvert les premières lettres rugueuses. Voici une video en anglais qui montre comment présenter les lettres à l’enfant (leçon en trois temps).

 

 

 

 

Dans cette vidéo vous pouvez voir qu’il faut :

  • S’assoir à une table à la droite de l’enfant
  • Choisir 3 lettres très différentes que ce soit de par le son ou la graphie.
  • poser une lettre devant l’enfant.
  • La tracer et émettre le son. Le faire 3 fois.
  • Proposer à l’enfant de faire de même (trace et son)
  • Si l’enfant ne trace pas la lettre dans le bon sens, on ne lui dit rien, on trace de nouveau la lettre et lui propose de recommencer. Il faudra du temps avant que l’enfant trace les lettres correctement.
  • Une fois que l’enfant à tracer les trois lettres, les placer devant lui en les nommant.
  • Demander à l’enfant peux-tu montrer (tracer, pointer, me donner, mettre dans la boîte…) le son [   ]
  • Si l’enfant ne montre pas le bon son, nommer le son qu’il vient de toucher. Demander lui ensuite de montrer le premier son que vous aviez nommé.
  • Lorsque l’association l’enfant associe correctement un son à une lettre vous pouvez proposer à l’enfant de chanter les lettres : peux-tu tracer cette lettre (vous la pointer du doigt) et dire quel est son son. Il s’agira donc ici de faire l’exercice inverse :  associer une lettre à un son.

 

Lorsque vous reprenez l’exercice, le lendemain par exemple : repasser toujours par toutes les étapes pour vous assurer que l’enfant a bien mémoriser les graphie et les sons.

 

Tracer les lettres et dire en même les sons à haute voix est un exercice important pour la mémorisation et l’apprentissage du langage écrit, comme ont pu le montrer les recherches en science cognitive menées ces dernière années (pour en savoir un peu plus c’est par là).

 

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L’apprentissage du langage écrit : associer un son à une graphie

 

Bien avant de savoir lire, l’enfant est déjà expert du langage parlé.

Que va t-il devoir faire pour devenir expert du langage écrit ?

Il va devoir prendre conscience des structures du langage oral pour les mettre en rapport avec le code visuel des lettres.

Pour apprendre à décoder les mots écrits, une région particulière du cerveau, initialement prévu pour reconnaitre les formes et les objets, se spécialise dans le cortex visuel.

Pour pouvoir lire l’enfant doit tout d’abord faire le lien entre graphèmes et phonèmes. Ce lien lui permet de décomposer le mot et d’activer cette zone particulière du cerveau. La prise en compte globale du mot (lecture global du mot) active une autre aire du cerveau, qui ne permet pas de faire cette conexion graphème/phonème qui est un passage obligé pou l’apprentissage du langage écrit. Noté qu’ici je ne parle pas d’apprentissage de la lecture mais du langage écrit, car écriture et lecture ne vont pas l’un sans l’autre.

En effet des recherche en sciences cognitives ont démontré que le geste graphique, le fait de tracer les lettres aident à la mémorisation des sons :

Les caractéristiques de l’écriture manuscrite présentent une influence sensible sur l’apprentissage. En effet, lors de l’activité d’écriture, les qualités proprioceptives des muscles de la main leur permettent d’affecter à chaque symbole tracé une véritable signature sensorielle  (Jean-Pierre Roll, Frédéric Albert, Edith Ribot-Ciscar et Mikael Bergenheim, « La main écrit sur le papier et… sur le cerveau »). Les données constituées par l’orientation
des muscles antagonistes ainsi que la torsion digitale et manuelle subies lors de l’effort lié au tracé des graphies produisent des messages adressés au cerveau par les neurones somesthésiques, qui, en retraçant les trajectoires
graphiques de la main, assurent non seulement la description sensorielle et perceptive (1), mais également le transport du sens. [...]

En effet, les mouvements jouent un rôle essentiel, aussi bien dans la perception que dans la mémorisation des objets et notamment dans celles des caractères alphabétiques. Les mouvements de l’écriture manuscrite contribuent à la représentation et à la reconnaissance des caractères en rendant les apprenants plus sensibles à l’orientation de ces lettres. Ce phénomène s’avère particulièrement important pour les lettres spéculaires, comme d et b. Il  apparaît que la dactylographie agit moins sur la représentation tridimensionnelle de la lettre que l’écriture manuscrite. C’est pourquoi les élèves discriminent mieux les lettres en miroir et mémorisent mieux et plus durablement  les lettres tracées de façon manuscrite que celles frappées sur un clavier.

En pédagogie Montessori, l’enfant apprend à mémoriser graphèmes et phonèmes grâce aux lettres rugueuses, exercice parfait pour une bonne acquisition des bases du langage écrit.


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Graphisme : boucles, courbes, ponts… sans crayon

 

 

Pour aider l’enfant à développer sa motricité fine et acquérir des gestes fluides dans le tracé des lettres il existe différents petits exercices. Celui ci consiste à tracer sur une grande feuille des chemins que les enfants devront suivre avec leur doigt. Mais avant de se lancer sur ces routes périlleuse un petit échauffement des doigts est fort utile !  On fait semblant de faire du piano, on invente des petites bêtes qui se promènent, on fait comme si on e lavait les mains, on essaye de déplacer un mur du bout des doigts…

 

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Et si l’école ne servait à rien ?

 

 

 

J’ai choisit un titre un peu provocateur pour explorer avec vous en cette semaine de rentrer scolaire et dans les quelques semaines qui vont suivre, l’ouvrage de John Holt, Les apprentissages autonomes : comment les enfants s’instruisent sans enseignement, édité aux Editions l’Instant Présent. Merci d’ailleurs à eux qui ont offert cette ouvrage à la bibliothèque des VIs.

 

Je me retrouve un peu, je dis bien “un peu” dans le parcours de John Holt :  instituteur pendant 15 ans, il rejoint ensuite les université de Harvard et Berkeley où il consacre ses travaux à la réforme de l’enseignement. Au bout de quelque années il cesse de penser que l’école est réformable et décide de consacrer son temps “non plus à créer des écoles alternatives, mais des alternatives à l’école”. Ses recherches portent alors sur les apprentissages autonomes.  J’ai été institutrice pendant 5 ans, à la fois passionné par mon métier et écœuré par cette grosse machine qu’est l’éducation nationale : les programmes, les orientations pédagogiques, la direction, même parfois les collègues, les parents qui surnagent avec leur enfants tant bien que mal sans trop se poser de questions. Des obsessions : le niveau des élèves, l’obtention d’un diplôme, la réussite scolaire à priori garant d’une réussite professionnelle. Et l’épanouissement des enfants, de nos enfants dans tout cela ? Le plaisir d’apprendre, de découvrir seul ? Je dis bien SEUL, où est-il ?

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VIs / Mini-debrifing, Quand nos enfants nous surprennent…

 

 

 

Aujourd’hui je vais beaucoup parler de mes enfants car les articles que je dois commenter m’ont fait penser à des moments inattendus, drôles que que j’ai pu partager avec eux ces derniers jours.

J’aime observer mes enfants, les regarder alors qu’ils ne me devinent pas. Je peux voir un petit bonhomme concentrer dans ses livres, ma grande qui s’entrainent à lacer ses chaussures, ma petite dernières qui enfilent des chaussures trop grandes et marche fièrement avec.

 

Ce que je retiendrai du livre que nous présente la Tellectuelle ce sont ces échanges au gré des promenades d’un père et sa fille qui permettent d’apprendre, apprendre sans apprendre, partager, jouer… Prendre le temps…

Je suis parfois étonner de voir comment certains petits moment de vie dérapent ou nous échappent, moments inattendus, magiques. Ce matin je me suis retrouvé, en plein petit déjeuné, à sortir la balance pour peser la bouteille de lait vide puis pleine suite à une question de ma fille “le lait est-ce que ça pèse quelque chose ?” Nous avons ensuite peser diverses choses qui se trouvait sur la table.  Elle a ensuite classé des objets du plus léger au plus lourd et nous avons vérifié à l’aide de la balance.

A midi j’appelle mes enfants qui jouent au jardin pour leur demander de venir manger. Mon fils traîne comme à son habitude, je l’appelle une nouvelle fois.  Toujours pas de fiston. Je m’apprête à aller le chercher, quand je le vois sur les marches de la maison en train d’aligner les sabots et de les compter “1, 2, 3, 4, 5… 5 sabots.” C’est à ce moment là que je montre : “Et si on rajoute les 2 de maman ?” “1, 2, 3… 7 sabots !” Et si on rajoute celle de Sweet” “Elles sont toutes petites les chaussures de bébé !” “1, 2, 3…” “Maman compte avec moi”. Nous avons compté jusqu’à 9 puis sommes allé manger.

 

Chaque jour j’ai aussi leurs bons mots. Il y a deux jours, nous étions en voiture, mon mari râle contre un car qui roule  au milieu de la route : “Mais il fait n’importe quoi ce bus !” Ma fille lui dit “Papa ce n’est pas un bus mais un car !” “Bon et bien il fait n’importe quoi ce car !” “Papa est-ce le car qui fait n’importe quoi ou est-ce le conducteur du car ?” Hum, hum… Silence. Avec mon mari nous nous sommes regardé en pouffant de rire… pas peu fière de notre progéniture !

 

J’aime aussi leur imagination débordante, lorsqu’il reprenne ou détourne ce qu’ils ont pu voir, vivre, lire… Madame Koala nous en parle dans son article. Cela m’a fait pensé au dernier jeu inventé par me enfants : après avoir vu un extrait (le tournois) du film Ivanhoé (film des années soixante), je retrouve ma grande déguisé en princesse assise sur une chaise agitant un foulard en craint “acclamer le seigneur Ivanhoé” et là je vois mon fils déboulé déguisé en chevalier (un petit sac en tissus sur la tête qui fait office de casque, un foulards autour de la taille et un boudin de piscine à la main qui fait office de lance) qui court en faisant des aller et retour à travers toutes les pièces de la maison, jusqu’au moment où il s’écroule au milieu de la salle à manger, blessé par son ennemi lors du tournoi. Sa soeur vient l’attraper sous les bras et le traîne jusqu’au salon ou une tente (cabane de coussin) est installer pour l’y soigner. De là elle attrape la mallette de docteur et commence son auscultation / réparation du patient.

 

Mes enfants m’étonnent tous les jours, par leurs gestes, leurs mots, leur plaisir à croquer la vie, leur concentration lorsqu’ils veulent parvenir à faire quelque chose, leur coup de coeur du moment, comme certains livres que je lis et relis, et rerelis… Je m’épuise alors qu’eux   s’en délectent connaissant par coeur chaque mots, comme cette histoire d’Al Chapone très aimé de mes deux aînés, qui un jour commencèrent à m’en réciter le début : “Au parc Montsouris tous les chats de sont pas gris…”  La farfa nous fait découvrir les coups de coeur de son fils, chez nous ce ne sont pas les poules qui ont du succès en ce moment mais une petite tortue nommée Lulu Vroumette !

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Les chiffres rugueux Montessori

 

Les chiffres rugueux permettent à l’enfant d’associer le chiffre à sa graphie. Il apprend aussi à l’écrire en suivant les contours, en intégrant le sens du geste. 

Les chiffres sont introduits trois par trois au cours d’une leçon en trois temps  :

  1. L’adulte suit le contour du chiffre dans le sens de l’écriture de la main droite puis de la main gauche en nommant le chiffre
  2. L’enfant touche ensuite le chiffre demandé :  » Touche 1… Touche 3… « 
  3. Enfin l’adulte demande à l’enfant en pointant le chiffre :  » Qu’est-ce que c’est ? « 

 

Fabriquer ses chiffres rugueux

Si vos chiffres sont utilisés par seulement 1 ou 2 enfants, vous pouvez simplement découper les chiffres dans du papier de verre et les coller sur un papier cartonné.

Choisissez une typo ou le 6 diffère du 9, comme la typo verte ci-dessous (typographie script école)

 

                                              

 

Imprimer les chiffres rugueux à l’envers sur une feuille que vous collerez sur le verso (côté papier) de la feuille de papier de verre, découper ensuite les chiffres et les coller sur le papier cartonné.

 

Télécharger les chiffres rugueux à l’envers

 

 

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VIs / Mini-debriefing, Ainsi va la vie

 

Lorsque j’ai lu le sujet du mini-debrief que Madame Déjantée me proposait je n’étais pas très inspirée. ” En quoi notre rôle d’éducateur peut nous amener à nous libérer de nos soucis de parents et/ou nos soucis d’anciens enfants? ” …

 

Trop d’émotions dans ce sujet. Remonte à la surface des brides de mon enfance, des incompréhensions, des choix éducatifs que mes parents ou mes proches ne comprennent pas toujours… Comment aborder ce sujet sans parler de moi, sans parler de ce qui fâche, sans parler de remise en question, de conflits, de sentiments parfois un peu douloureux. Difficile… Surtout que les articles que je dois aborder me … « confusent ». Un mot qui n’existe pas créer de toute pièce par la Citrouille que je suis, mais qui pourrait être un mélange entre émotions et incompréhensions.

 

Le premier article à me « confuser » fut celui de Clem la Matriochka, qui aborde avec beaucoup de retenue et de sensibilité ce qu’elle souhaite transmettre à ses enfants. Elle y parle d’elle, de ses attentes, de sa vie, de ses joies, de ses peines, le tout saupoudré d’extraits du livre d’Isabelle Filliozat, Au coeur des émotions de l’enfant. Et tout comme elle j’aime beaucoup ce passage :

 

« Un parent empli de joie intérieure la transmet à ses enfants, et c’est le plus bel héritage qu’ils puissent recevoir.

C’est en augmentant le niveau de joie dans les familles et dans les écoles que nous pouvons accompagner nos enfants sur une route de croissance et de plaisir de vivre.

Il suffit d’un rien. Une pâquerette, un marron par terre, un pâté de sable, un petit cadeau surprise, des bougies pour le dîner, un lancer de ballons, des bulles… de l’amour, de la tendresse. »

 

La joie. La joie simple, trouver le bonheur dans les petites choses de la vie et prendre le temps de les savourer. Voir ce que parfois le « je suis pressée » ne nous permet pas. Prendre plaisir à être en famille, à jouer avec ses enfants, à s’asseoir et papoter, écouter les histoires abracadabrantes de sa grande ou observer son petit dernier ouvrir et refermer le couvercle de la boîte une bonne vingtaine de fois. Laisser le temps à ses enfants… Le temps de patouiller, d’expérimenter, de découvrir le monde qui les entoure, à leur rythme, tranquillement c’est ce dont nous parle Muuuum dans son article « l’enfance libre ». Un enfant libre ? Ces deux mots sont-ils compatibles ? Notre éducation, nos peurs nous rendent parfois trop protecteur, trop professeur. La peur qu’il ne tombe, la peur qu’il ne sache pas, la peur qu’il n’y arrive, la peur qu’il ne s’intègre pas… Notre vécu, nos espoirs, les émotions se mêlent, s’entrechoquent.

 

C’est ce dont nous parle Maman Dragon. Elle nous présente une vidéo d’Ingrid Van den Peereboom qui témoigne de ses allaitements et quels rôles ils ont eu dans sa relation à sa mère. L’allaitement si simple et naturel ? En théorie il l’est car le lait maternel est bien la nourriture la plus approprié à notre enfant nouveau-né mais en pratique les choses ne sont pas toujours aussi simple. C’est ce dont nous parle Lune de Sable en revenant sur les premiers jours de son allaitement. Entre les positions à prendre ou ne pas prendre, le temps des tétées, la distance entre chaque tétée, les courbes de croissance de bébé, l’âge théorique du sevrage… On en oublierai presque que nous ne sommes pas des machines. Nous sommes toutes différentes, le ressenti de l’une ne sera pas celui de l’autre.

 

Lorsque je repense à mes allaitement je me souviens de l’odeur de mes enfants, d’être assise dans le canapé ou allongée dans le lit, de leur sourire, de les laisser chercher et trouver le sein, de leur caresser doucement leurs cheveux, de sentir des bouffées d’amour m’emplir, les laisser lâcher le sein une dernière goutte de lait dégoulinant sur leur menton, les prendre contre moi, un peu alangui de leurs efforts,  repus.  Je me souviens aussi des allaitements un plus insolites dans le canapé d’un magasin de meubles bien connus, dans l’écharpe de portage lors d’une visite de  château fort ou encore assise sur la plage les pieds dans le sable. En ce sens l’allaitement semble simple et naturel, mais ce serait oublier ce premier mois pas toujours évident où nos seins sont souvent douloureux où l’on apprend à connaître bébé.

 

Oublier les moments désagréables pour ne s’accrocher qu’aux bons. Lorsque je regarde mes enfants je ne pense pas aux douleurs de l’accouchement, aux seins gonflés, aux crevasses, au manque de sommeil, aux sols à éponger, je vois une grande sœur déguisant son petit frère d’une tunique de sa maman, d’un gilet, d’une serviette et d’une couverture, direction le pôle Nord… des enfants débordant de vitalité, rieurs, des enfants pleins d’imagination.

 

Une bouffée d’amour m’emplit.

 

« Il suffit d’un rien. Une pâquerette, un marron par terre, un pâté de sable, un petit cadeau surprise, des bougies pour le dîner, un lancer de ballons, des bulles… de l’amour, de la tendresse. »

 

 

 

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VIs / Mini-debriefing, Une petite fille est née

 

 

Cette semaine, une de mes amies proches vient d’avoir un enfant. Je me demandais ce que je pourrai lui écrire sur la carte de félicitations. Devrais-je lui noter juste les quelques mots de rigueur, lui dire félicitations, bonheur et joie ou devrais-je lui parler des bouleversements que l’arrivée de cette petite fille va provoquer. Une petite fille désirée, chérie dans le ventre maternel pendant 9 longs mois, une petite fille que tout le monde attendait, qui nous a fait patienter jusqu’aux derniers jours,  même un peu plus que prévu.

 

La grossesse comme nous le dit Alameresi est un bouleversement, bouleversement hormonal avant tout mais c’est aussi l’ambivalence des sentiments, nous passons du rire aux larmes, de la joie de cette maternité à des angoisses profondes et étranges, la vie et la mort pendant 9 mois sont là, liés, imbriqués. Notre conjoint suit nos humeurs, il peut nous soutenir ou tout simplement ne pas bien comprendre ce qui se passe dans notre corps. Il faut dire que personne ne l’avait prévenu, cela semblait si simple de faire un enfant, d’attendre un enfant.

 

Cette petite fille est née. Ils ne seront plus jamais 2. Ils sont 3. Ils sont une famille. Ils vont devoir apprendre à se construire en tant que mère, en tant que père mais aussi en tant que parents. Équation délicate, pas si facile.

 

Cette famille idéale, nous en avons parlé si souvent, quand nous nous sommes rencontrés, quand nous nous sommes mariés, quand nous attendions cet enfant : nombre d’enfants, garçon ou fille, biberon ou néné, nourrice ou crèche, école publique ou privé, et même nous rêvions secrètement cet enfant à venir reprendre l’entreprise familiale, devenir médecin ou archéologue… Mais ce petit être va tout changer, vous ne serez pas la mère ou le père que vous vous imaginiez, votre conjoint sera loin d’être parfait : pas ou trop présent, vous contredisant, prenant des décisions que vous n’approuvez pas. Le chemin de l’équilibre sera long à trouver. C’est ce dont nous parle Clem La Matriochka dans son article le couple après la naissance d’un enfant. Cela ne s’arrêtera pas avec les couches culottes et ne pensez pas que la naissance du deuxième ou du troisième ne bouleversera plus votre couple. Chaque étape de la vie est une remise en question. On grandit en tant que parent et parfois les chemins que nous prenons ne sont pas toujours tout à fait les même que ceux de notre conjoint. Nous devons nous rapprocher, trouver deux lignes convergentes pour que cette famille idéalisée soit tout simplement une famille heureuse où chacun a su trouver sa place.

 

Magdalena est née le 25 mars. Ces parents sont émues et heureux. Je ne sais toujours pas ce que j’écrirai sur cette carte de félicitations, peut-être juste « bonheur et joie » … et que nous sommes là.

 

 

 

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VIs/mini debriefing, Attention tu n’auras pas de dessert…

 

L’alimentation de nos enfant : plaisir, rire, échanges, joie ou plutôt galère, stress et énervement ? Les repas en compagnie de nos chères têtes blondes (ou pas) ne sont parfois pas de tout repos, on en viendrait à s’en arracher les cheveux… ou les leurs parfois.

« Depuis plus ou  moins 3 semaines, Babycolle ne mange plus comme avant. Elle tète toujours autant, mais en ce qui concerne la nourriture solide, c’est pas la joie. » (Sauterelle Box)

Seulement voilà, tant que je dois la nourrir à la cuillère, elle mange 3 ou 4 cuillerées, puis repousse avec sa langue. Par contre, quand elle a l’occasion de manger seule, elle mange relativement bien ! (Sauterelle Box)

« Je pourrais te raconter le cauchemar que j’ai fait vivre à ma mère pendant des années à m’alimenter (sans pour autant développer aucune forme d’anorexie ni retard de croissance) à coup de quart de petits suisses… ou celui que m’a fait vivre l’APA et son régime pâte/jambon exclusif de ses 18 mois à ses 3 ans (seule nourriture acceptable)… » (Mme Déjantée -commentaire-)

« J’ai une petite mangeuse de 3 ans et demi, qui a passé au moins un an à ne manger que des bib et des petits pots hyper lisses (genre à 2 ans et demi, c’était la fête quand elle acceptait les recettes “12 mois” » (La Tellectuelle -commentaire-)

« Je me souviens pour mon ainée, dès qu’elle ne mangeait pas de légumes à un repas, la tension montait, comme si tout son avenir en terme de santé dépendait de chaque bouchée ingurgitée… » ( Madame Koala -commentaire-)

Je suis sure que nombre d’entre vous se retrouveront dans l’un de ces témoignages et voici souvent ce que l’on fait et que l’on ne devrait pas

 

Pour lire la suite rendez-vous sur les vendredis intellos : « Attention tu n’auras pas de dessert… ou l’alimentation de nos enfants »

 

 

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L’accouchement dans le monde, partie 1

 

Il y a deux semaines je vous parlais de « l’allaitement dans le monde » grâce au livre de Lise Bartoli « Venir au monde ».  Certain(e)s d’entre vous avaient  souligné l’intérêt et le plaisir qu’elles avaient eu à lire comment les femmes en dehors de nos sociétés occidentales allaitent leurs enfants.

J’ai moi-même pris beaucoup de plaisir à lire ce livre qui nous fait partager les pratiques et croyances de ces ethnies, tribus à travers le monde, je suis passée de l’étonnement  « mais comment c’est possible ? » au  « cela semble si naturelle, si normal, pourquoi avons-nous perdu cela ? » bien des fois.

 

Aujourd’hui et dans les semaines à venir je vais vous présenter les chapitres liés à l’accouchement. Comment les femmes des sociétés traditionnelles accouchent-elles ? Avec qui ? Où ? Comment ? Dans quelle position ?  Quel est la place du symbolique ?

 

Dans la majorité des pays du monde l’accouchement est vécu comme une affaire de femmes.  La futur mère fait confiance à la matrone, l’accoucheuse, femme souvent âgée qui a eu plusieurs enfants, qui est très respectée car détient la connaissance.

« Chez les Inuits du Québec arctique, la sage-femme a un statut supérieur dans la hiérarchie sociale, proche de celui du chasseur. Elle a même le privilège de manger les meilleurs parts du gibier. Sa vie reste, dans cette région, très liée à l’enfant à qui elle a donné la vie. Elle suit ainsi chaque étape importante de la vie du petit d’homme jusqu’à l‘âge adulte. »

« En Egypte la réputation des sages-femmes traditionnelles, appelées Day, tient à leur disponibilité, leur proximité, mais également à leur grande tolérance. Elles s’inclineront, par exemple, devant les désirs de la futur mère en matière de postions d’accouchement et ne feront aucune remarque devant une assistance nombreuse, voire envahissante pendant la naissance. Il est admis que toutes les femmes qui viennent assister à un accouchement sont un soutien moral pour la femme en travaille qu’elles peuvent éventuellement aider la daya pour des petites tâches. »

 

Quand il n’y a pas d’accoucheuse la femme peut-être aidé par une personne de son entourage (mère, belle-mère, voisine…).

Chez les Seris du Mexique, deux assistantes, choisies parmi les amies proches de la future mère feront office d’accoucheuses. Le travail de la première, « appelée alors « celle-qui-la-soulève » consistera à soutenir l’accouchée dénommée « celle-qui-est-soulevée ». Placée face à la parturiente, la deuxième assistante, appelée « celle-qui-saisit », aura pour mission de recueillir le bébé à l sortie du ventre maternelle. »

 

Dans certains pays les femmes peuvent accoucher seule comme au Bangladesh ou dans certaines ethnies africaines. « Chez les Bari-bas du Bénin, la future maman, même pour une première grossesse, est supposée être fin prête pour parer à toute éventualité lors de cet évènement. On lui a enseigné les bons gestes, ainsi que la composition des médecines à préparer pour obtenir une délivrance facile et rapide. Elle appelle ensuite une des femmes de la maison pour couper le cordon. »

 

La présence du père ou des hommes n’est généralement pas désirée lors de la naissance. Dans certains pays, en Afrique ou en Asie où leur absence est même jugée indispensable pour le bon déroulement de l’accouchement.

Au Vietnam le futur père n’est pas avec sa femme, il reste à proximité dans une pièce avec les autres éléments masculins de la famille pour être informé du déroulement de l’accouchement. Il en va de même en Chine ou encore au Japon où le père japonais n’assistera pas non plus à la naissance. « Dans ce pays où les accouchements sont généralement faits en milieu hospitalier, ce sont les grands-mères qui apportent leur soutien à la femme en couche. »

« Au contraire dans d’autres populations, la présence du père semble acceptée, voir indispensable. […] En Amérique du Sud l’homme participe activement à la naissance de son enfant. Au Guatemala, par exemple, le rôle du mari consiste à soulager sa femme en la soutenant sous les bras. On dit dans ce pays qu’il est important pour le mari de savoir qu’une femme est amenée à souffrir. […] En Amazonie le futur père jivaro est mis à contribution ; il réalisera bien souvent tout l’accouchement avec l’aide de sa belle-mère. »

 

J’espère que ce début de tour du monde pour découvrir l’accouchement dans d’autres pays que le notre vous aura plu, la prochaine fois je vous parlerai des lieux de naissance et des positions d’accouchement.

 

 

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