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Accoucher à domicile / Chapitre 3 Récit de la naissance de Sweet

 

 

Le jour où Sweet Dumpling est née

 

Prologue

Il est 10h du matin. J’ai des contractions depuis 1h déjà. Je ne sais que penser. Est-ce le jour J ? Vais-je faire connaissance avec ma fille aujourd’hui ? Et si c’était un faux travail ? J’en ai déjà eu deux ces deux dernières semaines. Dois-je déranger KamoKamo au travail ? Et si je ne le fais pas, arrivera-t-il à temps ? Je ne veux pas être seul. Je veux mon mari. Les enfants jouent, crient. J’ai du mal à être présente pour eux. Je suis centrée sur moi et ce bébé à naître. Je décide d’appeler So, je lui laisse un message. Elle me rappelle. Je lui explique la situation. Elle me sent inquiète. Elle passe me voir à midi. Nous discutons, elle joue avec les enfants qui écoutent leur cœur et son cœur. On écoute aussi le cœur du bébé. Elle m’examine. Elle ne pense pas que le bébé naîtra aujourd’hui. Je suis triste. La date présumée de ta naissance est dans un jour. Je veux te voir. Je veux que tu naisses. J’appelle mon mari pour lui dire qu’il peut continuer sa journée de travail tranquillement.

 

 

Il est 17h30. Kamo rentre du travail. Il m’interroge du regard. Je lui dis que j’ai toujours des contractions, mais rien de régulier ou d’intensif. Je suis heureuse qu’il soit  rentré, de sa présence, mais je veux être seule. Je vais prendre un bain. Je fais couler de l’eau bien chaude et me plonge avec délice dedans. Je suis sereine. Les contractions vont et viennent. Butternut vient me voir, je lui fais toucher mon ventre  qui se durcit. Je lui explique que peut-être sa petite sœur naîtra ce soir. Je dis à Kamo de coucher les enfants de bonne heure.

Je sors du bain. Il est 18h50. J’appelle So, c’est son répondeur, je lui dis que je pense que c’est pour ce soir. Je vais voir les enfants. Ils finissent leur repas. Il est 19h. Les contractions s’intensifient. La douleur se fait sentir. Je demande à Kamo quelle heure il est. 19h10. Je lui dis de rappeler So. De nouveau le répondeur. Il me demande : « je lui dis quoi ? « Et bien que j’accouche !!!! » Il lui laisse un message. « Bonjour c’est Kamokamo, VertCitrouille accouche. Nous sommes la famille X. Notre adresse est …, notre numéro de téléphone … » mais que raconte t-il ?! Elle sait qui on est et où on habite, depuis 1 mois elle passe au minimum une fois par semaine à la maison !

Je m’isole dans la chambre, je m’installe sur le ballon. La musique des frères Guissé-Siré me berce. Je me balance, je roule des hanches. Je suis à l’intérieur de moi. Je parle à ma fille. Je l’imagine qui descend, je m’ouvre à elle. Le téléphone sonne, c’est So. Il est 19h20. Kamo me la passe, elle me demande où j’en suis « je ne sais pas, j’accouche ». Elle arrive. Je vais faire des bisous et dire bonne nuit aux enfants, puis je repars vite dans monde, dans ma bulle rejoindre les frères Guissé-Siré, rejoindre ma fille qui naît. Il me semble que Kamo prépare la chambre. Les contractions sont de plus en plus intenses. Je ne me sens plus à l’aise sur le ballon. Je monte sur le lit. Je suis à califourchon la tête dans les oreillers, une contraction violente me déchire. Je perds pied. Je pleure. Je n’en peux plus. Je réalise que je suis en phase de désespérance. Je panique. Cette phase n’arrivent-elle pas lorsque nous sommes à 6 ? Seulement 6 ? Comment tenir ? J’ai mal. Je pleure. So arrive. Elle est douce, elle me rassure. Elle me demande où j’en suis. Je ne sais pas, je ne sais plus. Une autre contraction. « Respire, détends toi ». « Ca pousse ». Elle me dit d’enlever mon pantalon et va chercher ses affaires. Kamokamo est  là, j’entends sa voix. Ca brule. Le bébé arrive. Je sens une douce chaleur sur mon périnée. Kamo me masse. Une nouvelle contraction. La tête du bébé apparaît. Une autre et tout son corps sort. Je prends ma fille dans mes bras, petit être tout gluant. Tu es belle, une vague d’amour me submerge. Je m’allonge, nous sommes sous les couvertures, Kamokamo à mes côtés. Sa est arrivée il est 20h.

 

 

Epilogue

Il est  20h30. Kamo va chercher les enfants qui ne dorment pas. Ils font connaissance avec leur petite sœur qui est encore reliée à moi par le cordon. Ils la regardent. Je les embrasse, puis ils retournent se coucher. Kamo coupe le cordon. J’admire ma fille, elle prend le sein et tête goulument. So et Sa mangent des biscuits et bavardent doucement. De nouvelles contractions. Le placenta sort. So et Sa l’examine. Il est entier. Sa m’examine, une déchirure à recoudre. Kamo va lui chercher le spot de chantier pour qu’elle y voit plus clair. Le lit est remis au propre. So remplit les papiers de déclaration de naissance. Sweet Dumpling est doucement et tendrement mesurée, pesée  puis habillée. So et Sa nous quitte. Il est 23h. So viendra nous voir de nouveau demain. Nous éteignons la lumière. Nous nous endormons dans notre lit, Sweet Dumpling entre nous.

 

 

Pour lire le récit de la naissance de Jack c’est par ici : le jour où Jack est née

 

Vous n’avez pas encore lu les récits d’accouchements de Maybeegreen c’est par ici : http://auxjardinsdumaternage.blogspot.com/

 

Lire le chapitre 1 : pourquoi l’AAD ?

Lire le chapitre 2 : se préparer à accouchement

 

La semaine prochaine le dernier chapitre sur l’AAD : l’accouchement à domicile et après ?

 

 

 

 

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3 Responses to “Accoucher à domicile / Chapitre 3 Récit de la naissance de Sweet”

  1. Vert Citrouille dit :

    Je n’avais pas encore écrit les récits de naissance de Jack et Sweet Dumpling, je l’ai fait pour cet article. Jack a eu 3 ans et Sweet Dumpliong a maintenant 1 an passé. J’ai eu un peu de mal à me lancer, je reculais ce moment d’écriture, peut-être par pudeur, peut-être pour tout ce que ces naissances sont, et finalement lorsque j’ai commencé à écrire tout à couler naturellement. Cela m’a un peu bouleversé de me replonger dans ce vécu, beaucoup d’émotions sont remontées à la surface, mais je suis heureuse de l’avoir fait. C’est un témoignage d’une femme à d’autres femmes j’aime quand Mme Déjantée parle de transmission), ce sera aussi une trace pour mes enfants, plus tard

  2. muuuum dit :

    merci de ces deux témoignages qui me touchent profondément. oui, transmettre nos témoignages permet de se sentir moins seule quand il est douloureux, et lire ceux des autres donne des forces pour envisager la suite. merci de tout coeur

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