Accoucher à domicile / Chapitre 2 Se préparer à l’accouchement
Vert Citrouille et Maybeegreen témoignent sur l’AAD…
La semaine dernière nous avions évoqué ce qui nous avait mené vers l’accouchement à domicile, deux parcours différents. Aujourd’hui nous allons vous parler de nos préparations à l’accouchement.
Maybegreen, comment t’es tu préparé pour tes accouchements à la maison? Était-ce différent de tes premiers accouchements en maternité ?
Pour ma première grossesse, devant les préparations à la naissance que proposaient les sages-femmes de la maternité, mon chéri et moi avons eu envie d’essayer l’haptonomie, au début plus par curiosité et un enclin naturel vers un renforcement des liens incluant le papa. Je n’avais pas envie, non plus, de me retrouver seule avec une meute de femmes enceintes inconnues, mon compagnon et moi avions et avons encore une relation assez « fusionnelle ».
Ces rencontres avec la sage-femme sont devenues de véritables rencontres avec notre bébé. Il répondait à nos « appels ». Des rencontres étourdissantes, époustouflantes, mais si simples, si naturelles : la réunion de la pensée et du coeur, du toucher et de la voix !
C’est aussi peut-être cette sage-femme qui a semé sans le savoir la graine de mes futurs accouchements à la maison. Lors d’une rencontre de fin de grossesse, elle m’a dit « Mais vous êtes faite pour accoucher, vous ! », mots tout simples, qui s’appliquent à toutes les femmes à de rares exceptions près (ces femmes qui sont malheureusement prédisposées à avoir des accouchements pathologiques), mais qui sur le moment et durant longtemps m’ont rassurés sur ma « capacité » à mettre au monde mes enfants.
L’haptonomie a aussi, entre autres, pour principe d’autonomiser la femme lors de l’accouchement, et montrer au papa des techniques et des postures en duo pouvant aider sa compagne en soulageant la douleur.
Cette préparation qui ne ressemblait pas aux autres a été une véritable découverte, et de dubitatifs que nous étions avant de commencer, elle a été si pleine de sens pour nous, que je n’ai jamais ressenti le besoin lors des grossesses ultérieures d’en faire d’autres. N’a demeuré que le besoin de comprendre et de savoir… non pas comment faire, mais quoi ne pas faire… pour rendre l’expérience de la naissance encore plus « juste », unique et sans regret … sans fausse note. Comme tout parent nous voulions et voulons le mieux pour nos enfants !
Ayant failli accoucher dans notre voiture ou dans les couloirs de deux maternités, ayant eu la très désagréable obligation de monter sur la table d’accouchement en pleine contraction de poussée (personne ne me croyait, sauf mon mari, et/ou cela ne leur convenait pas que j’accouche ailleurs que l’endroit prévu pour), je ne voulais pas revivre ces sensations d’impuissance et de danger pour mon bébé ! Pour moi le danger était plus grand à naître dans une voiture, un couloir à la vue de tous et en courant d’airs ou sur un escabeau en métal ou un carrelage où je n’étais pas certaine d’avoir la force et le temps de rattraper mon enfant ! Plus grand que de naître tranquillement à la maison avec une sage-femme entièrement disponible rien que pour nous du début à la fin dès lors que nous l’aurions appelée, une sage-femme qui avait accompagné de nombreux AAD auparavant !
Pour les deux naissances à la maison de Célestine et de Swan, j’ai lu plusieurs documents scientifiques, et j’ai ressenti en même temps l’envie de lire des textes parlant d’expériences… et de ressenti !
J’avais, pendant le neuvième mois, sous la main :
- la liste des conditions idéales pour une naissance physiologique, telle que décrite par Michel Odent
- le résumé du rappel précis listé par l’OMS
Mes lectures :
C’étaient hormis l’haptonomie que nous pratiquions mon chéri et moi avec chacun de nos futurs bébés, et les rencontres mensuelles (moi, mon mari, et souvent notre plus jeune enfant) avec ma sage-femme Cy, qui veillait sur moi, sur nous, les seules préparations à la naissance que j’aie faite pour l’AAD. Cy était disponible si j’avais des questions, des doutes, par téléphone quand je voulais, et les rencontres duraient « le temps qu’il fallait »… jamais moins d’une demi-heure, parfois une heure il me semble… On en ressortait toujours, moi surtout (mon chéri était serein du moment que je l’étais et même parvenait bien souvent à me rassurer quand je ne l’étais pas assez!), avec le sourire dans le coeur, l’esprit confiant dans notre sage-femme et dans la naissance à la maison à venir de notre bébé! Tout allait bien !
Au 8e ou 9e mois, selon les besoins et circonstances, elle venait à notre domicile pour connaître la route, et avoir les lieux en tête, savoir si nous avions des souhaits particuliers ou non par rapport à l’endroit où notre bébé naîtrait etc… Un beau moment de partage où l’imminence de cette future naissance à la maison devenait plus concrète !
J’ai éprouvé de la joie à toutes les échographies de toutes mes grossesses mais je n’ai jamais ressenti cette sensation que ne peut procurer, selon moi, que l’accompagnement global avec une seule et même sage-femme !
Avec mon chéri nous avions aussi préparé un « Projet de naissance » au cas où un transfert ou un imprévu aurait rendu l’AAD impossible, afin de ne pas vivre avec dépit ce moment si important qu’est la naissance et les heures et jours qui suivent. J’avais fait de mon mieux pour que nous sachions faire entendre nos souhaits de « naissance à visage humain » (à télécharger en bas de page).
La préparation et l’AAD vue côté papa :
J’ai pu assister aux accouchements en clinique et à la maison. Les contraintes pour le premier sont la surmédicalisation, le trajet à la maternité et de ne pas pouvoir s’occuper de son bébé, alors qu’à la maison cela est tout à fait naturel. On peut aussi s’occuper de la maman et de bébé alors qu’en maternité ont reste des clients ! On n’a pas non plus à faire garder ses aînés si la naissance a lieu à la maison, c’est plus simple… Le congé paternité prend là encore plus son importance…
Et toi, et ton compagnon, Vert Citrouille , comment vous-êtes vous préparés à l’AAD ?
Je ne sais si on peut dire que je me suis « préparée » à l’AAD. Je n’ai jamais vraiment fait de cours de préparation à l’accouchement non plus d’ailleurs.
Tout comme vous, nous avons commencé des cours d’haptonomie, que nous avons arrêté après trois séances : ces cours avaient lieu avec cette sage-femme avec qui nous n’avions pas réussi à nous sentir à l’aise. Ces séances (au contraire de toi je ne peux pas les appeler rencontres) nous laissaient très dubitatifs. Nous avions l’impression d’embêter notre bébé, de le déranger. Peut-être ce sentiment est-il du au fait que cette sage-femme ne nous convenait pas et que nous vivions ces séances comme intrusives. Nous préférions rester dans notre bulle, dans la découverte de cet enfant à naître, à notre rythme, le soir allongé sur le canapé ou sur le lit. Mon mari appelait notre bébé, lui parlait, caressait mon ventre et il répondait s’il en avait envie.
Le jour de mon premier accouchement je suis donc arrivée à la maternité sans avoir suivi de réelle préparation. Je crois que ce jour là j’étais juste dans mon monde, concentrée sur ce bébé qui arrivait, que j’allais découvrir. J’ai réagi à l’instinct. J’ai beaucoup marché, c’était comme une nécessité, et quand les contractions se faisaient sentir je me suspendais aux épaules de mon mari. J’avais ce besoin de m’étirer.
Pour la naissance de mon deuxième enfant j’ai fait de l’aquagym pour femme enceinte. Cela ne préparait pas à l’accouchement, c’était seulement par plaisir, plaisir de faire de l’exercice, de se sentir si léger dans l’eau, de sentir mon corps autrement, mais aussi de rencontrer d’autres futurs mères.
Pour me préparer à la naissance de mon troisième enfant, je n’ai tout simplement rien fait.
Je voyais So, ma sage-femme AAD, une fois tous les deux mois, accompagnée de toute la famille (mari et enfants) et à partir du neuvième mois toutes les semaines. Nous papotions de tout et de rien : de mes sentiments et de ceux de mon mari, des enfants, de ce bébé à naître, de ma santé, de l’accouchement.
Je voyais aussi Si tout les mois, c’est elle qui s’occupait de mon suivi « médicalement parlant ». Nous avions choisi cette solution car je ne conduis pas, Si avait son cabinet à côté de chez nous, elle connaissait So et mon projet d’accouchement à domicile ne lui posait aucun problème. Nous échangions beaucoup sur mon quotidien, mes émotions, mon ressenti. Un suivi basé sur le dialogue et non sur des actes médicaux. J’ai eu un très bel accompagnement grâce à ces deux sages-femmes.
Avais-tu prévu une organisation spéciale dans ta maison pour le jour J ? Avais-tu prévu une valise au cas où pour la maternité ?
Sur le plan matériel, pour le jour J, sur les recommandations de notre sage-femme, nous avions prévu une bâche pour protéger notre matelas, deux bassines (une pour de l’eau chaude, une pour recueillir le placenta), des serviettes chaudes, un chauffage d’appoint (la naissance était prévu dans l’automne) et bien sur tout ce qu’il fallait pour le bébé (body, pyjamas, couverture…) mais comme tout futur parent finalement ! Notre sage-femme avait aussi amené trois semaines avant la date présumé d’accouchement sa caisse contenant ses vêtements, des alaises et je ne sais plus quoi d’autre.
J’avais affiché les numéros de téléphones pour le jour J un peu partout dans la maison, histoire de ne pas les chercher partout (numéro de So, de Sa, de la maternité, d’amis qui pourraient garder les plus grands en cas de transfert…)
AAD
Pour la naissance de Jack je n’avais pas fait de valise pour la maternité car je ne pensais pas accoucher aussi tôt. Nous étions en plein dans les fêtes de fin d’année. Lors de mon transfert, je suis donc parti les mains dans les poches (enfin plutôt sur le bidon, en train de respirer et de me détendre pendant les contractions). Mon mari a amené tout ce qu’il fallait plus tard. Pour la naissance de Sweet Dumpling, j’ai fait mon sac un peu à contre cœur, mais prudente, forte de mon expérience précédente.
Concernant nos enfant, nous n’avions pas prévu de mode de garde si j’accouchais à domicile, cela ne me dérangeait pas qu’il soit dans la maison le jour J.
Nous avons parcontre eu le droit avec mon mari à petite préparation un peu spécial de la part de So : que faire si la sage-femme n’arrive pas à temps ? J’avais accouché assez vite de Jack et elle pensait, à juste titre, que cela serait pareil pour ce bébé.
Elle nous a fait des recommandations simples, la plus importante était surtout de tenir le bébé et la maman au chaud sous les couvertures. Finalement tout le reste pouvait attendre (couper le cordon, la sortie du placenta …). Mais nous, nous avions beaucoup de questions…
Et pour la naissance, pour faire sortir le bébé ? Elle nous a dit qu’il n’y avait normalement rien à faire, cela se passe tout seul, pas de rotation à faire il s’en chargerait, pas à le tirer, il sortirait tout seul.
Et si le cordon est autour du cou ? Elle a expliqué à mon mari comment le défaire. Je dois dire que sur ce coup là le mari, il avait pas peur du tout, il était très confiant, il faut dire qu’il est sauveteur secouriste depuis longtemps, qu’il en a vu d’autres… Moi, j’étais partagé entre le tout ira bien et panique à bord. J’ai conclu l’entretien en disant à So qu’il n’y avait pas de raison, qu’elle serait là à temps le jour J !
Et vous, Maybeegreen, qu’aviez-vous prévu pour le jour J ?
AAD
J’ai éprouvé le besoin accru, par rapport aux grossesses précédentes, de préparer la maison de façon encore plus tendre pour préparer ma tête à accueillir vraiment notre bébé à naître lors de la naissance et des jours à suivre, pour un confort accru, une intimité-cocon nécessaire au meilleur départ possible dans la vie! Faire son nid…
J’avais aussi fait un mémo pour le jour J avec une liste de toutes les choses à faire.
Bien entendu, j’avais prévu un minimum d’affaires pour bébé et moi au cas où nous devrions aller à la maternité, les quelques affaires demandées par Cy pour les soins, et mon dossier médical dans lequel j’avais mis mon plan de naissance… et enfin les numéros professionnels et personnels de Cy, évidemment, mais aussi de la maternité au cas où…
Mais nous étions assez sereins, les probabilités étaient de notre côté pour une naissance physiologique et donc, dans notre « chez nous » !
La semaine prochaine chapitre 3 : nos récits d’accouchement.
Si vous n’avez pas encore lu le chapitre 1 : pourquoi l’AAD, c’est par ici.
Liens
AAD
Liste de l’OMS
- http://accoucherautrement.free.fr/Recommandations-OMS.htm
- http://accoucherautrement.free.fr/Soins-accouchement-normal.htm ).
- http://accoucherautrement.free.fr/Soins-mere-nouveau-ne.htm
- http://accoucherautrement.free.fr/IHAB.htm
AAD
Pour l’haptonomie :
http://www.haptonomy.org/Accueil/
http://www.haptonomie-blog.fr/
http://www.haptonome.be/haptonomie.htm
AAD
Pour l’aquagym prénatale :
http://www.magicmaman.com/,interview-d-un-professeur-d-aquagym-prenatale-romain-layour,1347,8920.asp
AAD
Pour le projet de Naissance :
http://www.projetdenaissance.com/
http://accoucherautrement.free.fr/Preparer-plan-naissance.htm
Le projet de naissance de Maybeegreen
AAD
Mémo perso de Maybeegreen qu’avoir, que faire pour le jour J (AAD)
AAD
AAD









Merci pour ce deuxième chapitre qui se révèle lui aussi, bien riche!! J’aurais au moins un milliard de choses à dire pour comparer nos expériences, vis à vis de la préparation (moi aussi ayant été assez déçue par l’hapto telle qu’on me la proposait…), vis à vis du ressenti des derniers moments et détails logistiques… Je pense que j’étais beaucoup moins organisée que vous deux, et que j’ai beaucoup délégué de choses à Mr D…!!!
Merci beaucoup pour ces références… ces nombreux ouvrages sont incontournables et j’espère sincèrement que vous reviendrez toutes deux plus tard sur ceux-ci pour nous les présenter individuellement dans le cadre des VI…!!
Bonnes vacances à toutes les deux et à la rentrée pour découvrir votre suite!!!
Vert Citrouille et Mme Déjantée, j’ai donné quelques pistes de réponses http://auxjardinsdumaternage.blogspot.com/2011/12/accoucher-domicile-chapitre-2-quelle.html
Mais en effet, nous nous sommes efforcées de ne pas trop nous étendre sur chaque thème abordé, chacun étant très riche, et pouvant faire l’objet d’un article sur les VI