You are here: Home > Allaitement, VertC intello du vendredi > L’allaitement dans le monde

L’allaitement dans le monde

 

Allaitement : Mode d’alimentation du nouveau-né et du nourrisson dans lequel le lait joue un rôle exclusif ou principal (encyclopédie Larousse).

Allaitement maternelle : c’est l’allaitement au sein.

 

Je sais que  l’allaitement maternel fait généralement couler beaucoup d’encre, il y a les pour, les contres, chacun y mettant son grain de sel, défendant sa position. Il y a quelques semaines, j’avais posté un billet intitulé : Sevrage abrupt, sevrage naturel ou grève de la tétée ? , je m’interrogeais suite au sevrage de ma fille de 14 mois. Une de mes grandes interrogations étaient peut-on réellement affirmer comme le font certaines organisations qu’un sevrage naturel a lieu vers 4/6 ans ? Je me demandais entre autre sur quoi s’appuyait cette affirmation ? Peut-être avaient-ils pu observer cela dans des pays où l’allaitement au sein est pratiqué par un grand nombre de femmes et durent plus longtemps ? Dans ma bibliothèque trainait depuis un moment le livre de Lise Bartoli, Venir au monde. Dans cet ouvrage elle nous fait partager les rites de l’enfantement sur les cinq continents. Je vous emmène donc découvrir l’allaitement et ses pratiques dans d’autres contrées que la notre.

 

 Dans les sociétés traditionnelles le bébé est mis au sein, le taux d’allaitement est de plus de 90 %  en Amérique Latine, en Asie ou en Océanie atteignant les plus de 98 % en Afrique.

 

Les femmes ne se posent pas la question de l’allaitement, elles donnent le sein pour nourrir leur enfant. Dans ces pays le lait en poudre coûte cher, il est difficile de s’en procurer, les conditions requises pour une bonne préparation (eau, biberon…) ne sont pas non plus toujours présentes. Quoi de plus simple que l’allaitement au sein ? Les tétées sont données à la demande. « En effet chez toutes les ethnies étudiées, l’enfant est nourri dès qu’il pleure. » Cet allaitement à la demande conduit les mères à dormir pendant plusieurs semaines, voir plusieurs mois à côté de leur bébé (18 mois en Chine, 2 ans en Inde ou en Afrique). En étant proche de sa mère le bébé est apaisé mais aussi protégé contre tous les esprits malins qui peuvent rôder la nuit.

 

Pour favoriser l’allaitement, les femmes peuvent utiliser des infusions de plantes, manger certains aliments réputés comme galactogène, c’est le cas des arachides. On les retrouve aussi bien en Chine qu’en Afrique. « Pour favoriser la tétée, on a également recours au massage des seins. » « Si malgré tout une femme ne peut arriver à allaiter son enfant, elle fera appelle à une nourrice. Ce peut être la coépouse, ou toute autre femme de la même ethnie ayant du lait. Des enfants allaités par la même femme sont considérés  dans de nombreux pays comme frères et sœurs de lait. Tout mariage sera alors interdit plus tard entre ces enfants. »

 

Outre la fonction nourricière, l’allaitement crée un lien affectif fort. Un proverbe du Mali dit : « Si tu ne donnes pas le sein, l’enfant ne te reconnaîtra pas ».

« En Malaisie on dit que le « sang devient lait », car on croit que le lait est du sang blanchi. Il est donc important que l’enfant tète le sein de sa mère pour entretenir une relation émotionnelle forte. »

En Inde il est recommandé d’être dans de bonnes dispositions lorsqu’on donne le sein à son enfant. Emalda, Sri-lankaise explique qu’ « il faut essayer d’être le plus apaisé possible et heureuse lorsqu’on donne le sein à son enfant. »

 

La mise au sein ne se fait pas toujours dès la naissance, en effet dans divers pays on la retarde de quelques heures voir quelques jours. « Chez les Tshokwés, en Angola, on attend que le lait coule blanc, parfait symbole de pureté », « dans les Andes péruvienne on ne donne pas le sein à un enfant qui vient de naître, car considéré comme impure. On attend la cérémonie du lendemain, lorsqu’il recevra un prénom en compagnie de son parrain et de sa marraine. »

 

L’enfant est généralement sevré alors qu’il mange déjà. Le sevrage intervient en moyenne vers l’âge de 10 mois en Amérique Latine, 20 mois en Afrique et 30 mois en Asie et en Océanie.

Pendant la durée de l’allaitement, en règle générale, les rapports sexuels ne sont pas autorisés, cette méthode naturelle de contraception permettant d’espacer les grossesses.

 

Dans les semaines à venir je vous présenterai d’autres passages et thématiques du livre de Lise Bartoli, car je trouve qu’il est toujours intéressant de regarder ce qui se passe ailleurs, en espérant que ce premier petit voyage vous aura plu.

 

 

Tags: , ,

  • Digg
  • Del.icio.us
  • StumbleUpon
  • Reddit
  • Twitter
  • RSS

5 Responses to “L’allaitement dans le monde”

  1. merci pour ce billet ! effectivement quand on regarde à travers le monde les différents types de maternage, on a souvent à apprendre, et personnellement ça m’a souvent arssuré sur nos façons d’élever nos enfants, qu’on est pas que des extra-terrestres disons :)

  2. merci beaucoup pour ce beau tour du monde

  3. Merci beaucoup de ta contribution!! C’est un ouvrage que j’aime beaucoup et je trouve ça tellement enrichissant de découvrir les traditions du bout du monde!!
    Je trouve aussi que ce livre est l’occasion de se souvenir qu’il n’y a rien de plus culturel que l’homme et qu’il serait bien vain de chercher à renouer avec la « physiologie » (de l’accouchement, de l’allaitement…) en prenant exemple sur les us et coutumes des différentes ethnies: la méfiance autour du colostrum que tu évoques rapidement ici en est un exemple criant!! Mais il reste clair que la prise de conscience de la part de croyance et de la variabilité des pratiques nous permet de nous questionner nous même dans nos propres pratiques et nos propres croyances!!!

  4. cathy dit :

    Ce sont des textes et des écrits comme cela qui permettent de voir que partout dans le monde l’allaitement devrait être le premier mode pour nourrir un enfant, malheureusement les sociétés sont différentes et ne montrent pas ça.

  5. muuuum dit :

    Merci pour ce voyage !
    Je trouve le commentaire de Mme Déjantée très juste (comme d’hab, puuuuffff) on a beaucoup à apprendre des « autres » hommes, mais nous en savons aussi beaucoup plus sur les fondamentaux de la biologie humaine, et pourtant nous sommes si éloignés de la « nature » de ce que nous vivons… ça me rappelle la contribution guest sur le « portage » physiologique… Ce que nous voyons nous comme le summum du maternage, un pas en avant vers une forme de liberté, de modernité héritée des peuplades lointaines, eux ne l’ont fait que par nécessité…

Leave a Reply